FENÊTRES
Leur corniche de bronze
Quand elles voient les ronces
Envahir leur lumière
(Jacques Brel)
LE MEIN SHIFF 2
Mercredi, le MEIN SHIFF 2 paquebot allemand de la compagnie TUI était en escale inaugurale quai de Floride. Pourtant, il est déjà venu au Havre, mais à une époque où il s’appelait « Celebrity Mercury ».

Construit aux chantiers Meyer Weft de Papenburg et mis en service en 1997, il a été transformé lors de son changement d’identité pour s’adapter à la clientèle teutonne.


Et c'est doté de balcons supplémentaires équipant 422 des 956 cabines que ce navire de 77713 tonnes peut accueillir 1900 passagers.

FIN DE L’HISTOIRE
C’est sur un dock flottant que le « DUPLEX » (ou ce qu’il en reste) a définitivement quitté le bassin du Commerce où il était amarré depuis 30 ans.


Celui qui autrefois navigua dans le golfe de Gascogne, pêcha la langouste, cabota sur les côtes marocaines avant de devenir un restaurant-piano-bar sous le nom de « LE CAP » puis une discothèque, sera dépecé sur l’ancien site des ACH.



C’est vers 11 heures 30 hier que l’impressionnant convoi composé du ponton de la Trasom, du dock flottant sur lequel était monté l’épave et un pousseur franchit le pont de Lamblardie, puis le pont Notre Dame et enfin le pont Saint Denis.




LE HAVRE à CANNES
Il y avait eu "Quai des Brumes" et "La Bête humaine", deux monuments du cinéma français mais c'était en 1938.
Une guerre mondiale plus tard, Le Havre (Seine-Maritime) n'était plus qu'un vaste champs de ruines, une ville profondément meurtrie dont le mode de reconstruction fut longtemps sujet de débat.
Mené par Auguste Perret, parfois surnommé le poète du béton, ce vaste chantier architectural qui dura environ 20 ans, a offert un visage géométrique, tout en horizontales et en verticales, à cette cité située à l'embouchure de la Seine.
Le béton est omniprésent, ce qui donne au centre-ville, selon les détracteurs de Perret, un aspect gris, lourd, dépressif.
Et après les deux trésors cinématographiques d'avant-guerre, signés Marcel Carné et Jean Renoir, la cité ne connut plus de coup de projecteur aussi important, même si certaines scènes du "Cerveau" (1969), comédie de Gérard Oury avec Belmondo et Bourvil, ont été tournées dans la nouvelle ville.
La 64e édition du Festival de Cannes est donc une manière de renouer avec les feux de la rampe.
Aki Kaurismäki, cinéaste finlandais déjà récompensé à Cannes (notamment par un Grand prix en 2002), a non seulement choisi de tourner dans la ville mais de donner son nom comme titre de son nouvel opus, très bien accueilli en projection de presse.
"Le Havre est suffisamment au nord pour que mon esprit nordique s'y retrouve", affirme le réalisateur, qui a privilégié un quartier épargné par les destructions, tandis que son fidèle directeur de la photographie, Timo Salminen, confie avoir été frappé par la qualité de la lumière.
"Il y a vraiment une lumière spécifique au Havre, une lumière qui prend les acteurs", confirme de son côté Bruno Romy, l'un des trois metteurs en scène du film "La fée", conte onirique sélectionné dans la Quinzaine des réalisateurs et lui aussi tourné au Havre.
L'architecture si spécifique de la cité normande l'a également séduit: "Tous nos films développent des univers irréalistes et là, on avait justement une maquette géante pour jouer. On avait besoin de ce côté onirique, intemporel et au Havre, c'était génial", poursuit le cinéaste.
Sélectionné dans le cadre d'une programmation de l'Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (Acid), un troisième film, "Léa" de Bruno Rolland, qui raconte l'histoire d'une étudiante devenant strip-teaseuse, est également tourné au Havre.
"C'est un motif de fierté", affirme le maire UMP, Edouard Philippe, qui souligne la rareté des films portant le nom d'une ville et se réjouit de succéder à Casablanca ou Paris (Texas), par exemple.
"C'est une ville originale, un véritable décor avec des zones industrielles, portuaires, anciennes, des endroits à l'image assez forte", souligne l'élu, affirmant "essayer de tout faire pour que les tournages se passent bien"
Le fait que l'architecture Perret ait été classée en 2005 au Patrimoine mondial de l'Unesco a sans doute attiré l'attention, remarque de son côté Christian Jouen, en charge des tournages au service événementiel de la municipalité.
Il rappelle d'ailleurs qu'à Cannes l'an passé, "Tournée" de Mathieu Amalric, prix de la mise en scène, avait en partie été tourné dans la ville. Peut-être un bon augure: et si Le Havre remportait la Palme cette année'"
LE FRANKLIN BUILDING
Le Franklin Building, situé à l’angle du boulevard de Strasbourg et de la rue Pierre Brossolette, a été inauguré le 1er juillet 1952.
En 1948, alors que la reconstruction du centre-ville démarre, cet immeuble de bureaux sera le premier reconstruit alors que l’urgence ne se justifiait pas vis-à-vis des sinistrés havrais.
Il fut construit à l’initiative des américains de la compagnie « UNITED STATES LINES », consignataire des paquebots « UNITED STATES » et « AMERICA » qui en occupa la plus grande partie des locaux. La totalité des matériaux nécessaires à la construction ont été fournit par les américains, y compris les panneaux de marbre qui ornent la façade et le hall d’entrée.
Sa composition architecturale en gradins est due aux architectes Molinie et Daigue d’après des plans qui avaient été élaborés en 1939.
Déserté par la compagnie maritime depuis la disparition de la ligne transatlantique, ses bureaux sont aujourd’hui occupés par divers établissements.