vendredi 16 octobre 2015

CARTE POSTALE

de SETE

UNE RUE, UNE MAISON






8 commentaires:

DAN a dit…

Ah dis donc, j’ai l’impression de voir mes photos de vacances de cette année !

l'père Cantoche a dit…

La Camarde, qui ne m'a jamais pardonné
D'avoir semé des fleurs dans les trous de son nez,
Me poursuit d'un zèle imbécile.
Alors, cerné de près par les enterrements,
J'ai cru bon de remettre à jour mon testament,
De me payer un codicille.
Trempe, dans l'encre bleue du golfe du Lion,
Trempe, trempe ta plume, ô mon vieux tabellion,
Et, de ta plus belle écriture,
Note ce qu'il faudrait qu'il advînt de mon corps,
Lorsque mon âme et lui ne seront plus d'accord
Que sur un seul point : la rupture.
Quand mon âme aura pris son vol à l'horizon
Vers celles de Gavroche et de Mimi Pinson,
Celles des titis, des grisettes,
Que vers le sol natal mon corps soit ramené
Dans un sleeping du "Paris-Méditerannée",
Terminus en gare de Sète.
Mon caveau de famille, hélas ! n'est pas tout neuf.
Vulgairement parlant, il est plein comme un oeuf,
Et, d'ici que quelqu'un n'en sorte,
Il risque de se faire tard et je ne peux
Dire à ces brave gens "Poussez-vous donc un peu !"
Place aux jeunes en quelque sorte.
Juste au bord de la mer, à deux pas des flots bleus,
Creusez, si c'est possible, un petit trou moelleux,
Une bonne petite niche,
Auprès de mes amis d'enfance, les dauphins,
Le long de cette grève où le sable est si fin,
Sur la plage de la Corniche.
C'est une plage où, même à ses moments furieux,
Neptune ne se prend jamais trop au sérieux,
Où, quand un bateau fait naufrage,
Le capitaine crie : "Je suis le maître à bord !
Sauve qui peut ! Le vin et le pastis d'abord !
Chacun sa bonbonne et courage !"
Et c'est là que, jadis, à quinze ans révolus,
A l'âge où s'amuser tout seul ne suffit plus,
Je connus la prime amourette.

Auprès d'une sirène, une femme-poisson,
Je reçus de l'amour la première leçon,
Avalai la première arête.
Déférence gardée envers Paul Valéry,
Moi, l'humble troubadour, sur lui je renchéris,
Le bon maître me le pardonne,
Et qu'au moins, si ses vers valent mieux que les miens,
Mon cimetière soit plus marin que le sien,
Et n'en déplaise aux autochtones.
Cette tombe en sandwich, entre le ciel et l'eau,
Ne donnera pas une ombre triste au tableau,
Mais un charme indéfinissable.
Les baigneuses s'en serviront de paravent
Pour changer de tenue, et les petits enfants
Diront : "Chouette ! un château de sable !"
Est-ce trop demander... ! Sur mon petit lopin,
Plantez, je vous en prie, une espèce de pin,
Pin parasol, de préférence,
Qui saura prémunir contre l'insolation
Les bons amis venus fair' sur ma concession
D'affectueuses révérences.
Tantôt venant d'Espagne et tantôt d'Italie,
Tous chargés de parfums, de musiques jolies,
Le mistral et la tramontane
Sur mon dernier sommeil verseront les échos,
De villanelle un jour, un jour de fandango,
De tarentelle, de sardane...
Et quand, prenant ma butte en guise d'oreiller,
Une ondine viendra gentiment sommeiller
Avec moins que rien de costume,
J'en demande pardon par avance à Jésus,
Si l'ombre de ma croix s'y couche un peu dessus
Pour un petit bonheur posthume.
Pauvres rois, pharaons ! Pauvre Napoléon !
Pauvres grands disparus gisant au Panthéon !
Pauvres cendres de conséquence !
Vous envierez un peu l'éternel estivant,
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant,
Qui passe sa mort en vacances.

Georges Brassens

https://www.youtube.com/watch?v=cOBoMY84PXk

phyll a dit…

ce grand homme a bercé mon enfance, mes parents étaient fans !! et je suis fan aussi de ses chansons !!!.... surtout: "les potavrais d'abord" !!!... :o) :o)

Michèle a dit…

et Bien, quelques photos d'une rue de Sète, et voilà que l'père Cantoche s'envole dans la poésie de Brassens. Bravo, et tout cela de mémoire j'espère.

l'père Cantoche a dit…

Euh, non, pas vraiment... chère Michèle !
J'avoue un ti copié-collé chez Monsieur Gougueule qui, lui, a une mémoire phénoménale... désolé !

Gédé de Le Havre a dit…

Et moi qui pensait que tu avais tapé tout cela avec tes gros doigts !!! Mais qu'importe la manière, tu as complété mon sujet, sachant que j'ai bien pensé faire référence à cette magnifique chanson, mais comme je ne savais pas trop quel passage choisir, je n'en ai choisi aucun.
@ Phyll : Comme toi, il a bercé mon enfance, et mon adolescence et me berce encore. Par contre mes parents n'aimaient pas trop. Ils étaient très étonnés que leur frère et beau-frère curé ait du Brassens dans sa discothèque, ce mécréant !!!

Patrick a dit…

Ça me rappelle quelque chose...
Merci encore pour votre visite!

Gédé de Le Havre a dit…

Bienvenue, Patrick, dans ce cercle beaucoup trop petit à mon gré.... L'esprit que je te connais ne peut être que profitable à ce blog qui m'est si cher.